"Le but fondamental du traitement des erreurs de posture doit être de rendre le mécanisme du corps aussi parfait que possible, en comprenant que de cela dépendent la meilleure santé et la plus haute résistance à la maladie."

Dr Goldhwaite, Boston

 

  ANATOMIE DU LIEN


Ce texte pose les bases de ma recherche actuelle autour du corps : lien entre sa structure et ses fonctions - la connaissance des diaphragmes, des os-clés et des muscles «poubelle». C'est à partir de cela que je construis les cours de gymnastique ouverts à tout public, le travail d'accompagnement des artistes (danseurs, chanteurs, comédiens, etc…), les séances de soins individuelles. C’est aussi mon champ d’investigation et de réflexion de chorégraphe.

Notre corps est formé de trois volumes pleins - la tête, la cage thoracique et le bassin - superposés, peu mobiles et reliés entre eux par deux zones intermédiaires plus mobiles. À chaque volume plein correspond une ceinture, à chaque ceinture un os clé et un membre suspendu.
La boîte crânienne (le contenant) a comme contenu le cerveau ; elle est structurée par la «colonne crânienne» : alignement de trois os impairs (l'occiput, le sphénoïde et l'ethmoïde). La ceinture crânienne a comme membre suspendu la mandibule. Son os clé est le malaire (ou os zygomatique). Le malaire fait partie de la sphère sphénoïdale («colonne de la tête») , mais par son articulation avec le temporal il agit sur la sphère occipitale (diaphragme crânien et diaphragme cervico-thoracique). C’est une courbe primaire (convexe) : la cyphose occipitale.
Le volume intermédiaire entre le crâne et la cage thoracique contient nez-bouche-gorge-oreilles. Il est structuré par les sept vertèbres cervicales. C’est une courbe secondaire (concave) : la lordose cervicale.

La boîte thoracique a comme contenu deux poumons, un cœur, un œsophage et un complexe nerveux. Elle est structurée par les douze vertèbres thoraciques. La ceinture scapulaire a comme membres suspendus les membres supérieurs - les bras. Son os clé est la clavicule. La clavicule (ethymologiquement petite clé) régit le lien entre l’omoplate et le sternum, c'est à dire le rapport entre la cage et les bras. C’est une courbe primaire (convexe) : la cyphose dorsale.

Le deuxième volume intermédiaire contient les viscères de l’abdomen. Il est structuré par les cinq vertèbres lombaires. C'est une courbe secondaire (concave) : la lordose lombaire.

La boîte pelvienne (le bassin) a comme contenu les organes et les viscères du bassin. Elle est structurée par la colonne sacrée (sacrum et coccyx). La ceinture pelvienne a comme membres suspendus les jambes. Son os clé est la symphyse pubienne. Les branches pubiennes s’articulent entre elles (symphyse) pour former avec les deux sacro-iliaques les joints ayant pour rôle d’amortir, d’absorber, de contrôler et de diriger les forces aussi bien montantes que descendantes. C’est une courbe primaire (convexe) : la cyphose sacrée.

Nous avons donc structurellement cinq contenants (ou volumes) alignés. Pour que la vie soit possible ils doivent être en lien. Ils contiennent tous les liquides de notre corps (75% de notre masse) qui doivent absolument conserver leur qualité première : la fluidité. Ces contenants, qui forment la structure du corps communiquent entre eux grâce à des os clés. Les contenus (toutes les fonctions vitales) communiquent entre eux grâce à des diaphragmes.

                                     

                  
LES OS-CLES

             Les malaires
            Les clavicules
            Les branches pubiennes
            (Les péronés ou fibulas)

Les os-clés (selon F. Mitchell) ont pour rôle «d’amortir, d’absorber, de contrôler et de diriger (...) les forces et les contraintes». Les os-clés sont les relais des muscles et des fasciae. Si l’on admet que l’homme est comme un pantin suspendu à l’occiput par les aponévroses des muscles et des fasciae, on devine l’importance de ces os pour l’équilibre, la liberté et l’harmonie.

La qualité de mobilité de l’ensemble de ces os clés (s’ouvrir et se fermer pour l’équilibre en fonction des besoins) assure la flexibilité, donc la capacité d’ajustement autant de la structure que des fonctions. Cette maîtrise garantit la bonne santé physique, psychique et organique.

 


LES DIAPHRAGMES

Ils régulent les orifices.
Ils sont des écluses qui normalisent les liquides.
Ils ne doivent surtout pas devenir des barrages…
Ce sont des muscles «à mémoire de forme».

Le diaphragme crânien, avec ses dures-mères, entoure le cerveau, le sépare du cervelet et accompagne toute la vascularisation cérébrale. La pertinence de sa fonction (selon Guy Voyer, DO) assure la vivacité d’esprit et les normalisations hormonales, stimule la réception des sens. Sa dysfonction entraîne migraines, céphalées, acouphènes, névralgies faciales, etc.

Le diaphragme cervico-thoracique (ou stylien ou pharyngé) régule des orifices importants pour laisser passer l’œsophage, le larynx, le pharynx, la trachée, les nerfs de l’émotion, les cordes vocales, la glande thyroïde, la circulation de la tête et de la face. Il autorise la communication entre le cerveau crânien et les viscères.

Le diaphragme thoracique avec ses attaches directes à dix-sept os (six paires de côtes, le sternum et quatre vertèbres lombaires) a une importance structurelle (orthopédique) et une importance fonctionnelle à cause des ses liens fondamentaux avec le cœur, les poumons, le foie, l’estomac, la rate et le plexus solaire, etc. Avec ses vingt mille mouvements par jour il est une véritable pompe organique (alimentation, circulation et élimination), une pompe à oxygène, une pompe à liquide, etc...
Le diaphragme pelvien, support de tous les viscères du corps, est le plancher « de l’immeuble »  dont les autres diaphragmes ne sont que  « les étages ». Il gère non seulement la posture, mais aussi la sexualité, la reproduction, la miction, la défécation... et la peur !  C’est le plan profond du périnée. Son adaptabilité dépend plus de sa liberté que de sa tonicité.
Tout diaphragme ne travaille bien que si la posture est juste, tout comme les émotions se régulent mieux grâce à un diaphragme libre de toute contrainte. Ce sont des structures horizontales dans le corps avec des orifices qui s’ouvrent et se ferment (les sphincters). Une partie de leur fonctionnement est réflexe, une partie peut être « conscientisée » et volontaire. Ce sont les lieux de l’adaptabilité.

Plus symboliquement, on peut considérer aussi le pied comme un diaphragme. Pas de sphincter, mais une structure horizontale qui ne doit pas être bloquée : une zone d’adaptation. Le péroné (ou fibula) sert de courroie de transmission à l’ensemble des fasciae du membre inférieur ; c’est aussi un os clé. Pour que le pied permette l’enracinement il doit être une arche flexible; ni molle ni rigide.

Formant un triangle de sustentation, les trois arches du pied (l’interne, l’externe et la transverse) permettent le bon équilibre du corps. Le pied est l’organe sensitif qui sert à « tâter le terrain » et à sentir. Il est riche en récepteurs proprioceptifs.

Proprioception (étymologiquement «capter soi») : c'est la capacité des récepteurs sensoriels propres aux articulations, capsules, ligaments, tendons et muscles à renseigner sur l'état de tension et la position des différents segments du corps entre eux et dans l'espace, compte tenu de l'action permanente de la pesanteur.
Il est appelé 6ème sens ou sensibilité interne du corps; il est le moins conscient, le plus mystérieux  de tous. C'est pourtant lui qui donne sens aux cinq autres. On parle aussi de conscience corporelle, de "sensation d'être" . C'est le sens fondamental sur lequel s'étayent tous les autres. Une partie de la proprioception est inconsciente mais on peut y porter attention. (cf la vidéo danse d’Yvonne Paire sur le sujet, à visionner ICI).

Le pied possède à lui seul 26 os, 31 articulations, 107 ligaments, 20 muscles intrinsèques et 72 000 terminaisons nerveuses.

 


LES MUSCLES "POUBELLE"

LE PSOAS


Insertions : du petit trochanter du fémur au bord latéral de L4, L3, L2, L1 et D12.
Fonctions : fléchisseur de la hanche et lordosant lombaire.
Il n’y a pas un seul viscère ni organe de l’abdomen et du bassin qui ne soit en contact direct avec le fascia du psoas : c’est ainsi qu’il peut être un véritable collecteur de toxines en cas de position ou de posture défensives ou offensives excessives. Il participera au dysfonctionnement des diaphragmes thoracique et pelvien.


LE PIRIFORME


Insertions : du grand trochanter du fémur à la face interne du sacrum.
Dans le mouvement, quand le point fixe est le fémur, le sacrum part en rotation controlatérale,

quand le point fixe est le sacrum, la hanche part en rotation externe.

Fonction : rotateur externe et stabilisateur du sacrum.
Par sa localisation et sa fonction, son excès de tension accentuera ou figera le sacrum en verticalisation ou le vrillera d’un seul côté bloquant le fémur en rotation externe .
Il participe au "chahutage" de L5 (il peut donc être sciatalgisant ou lombalgisant),  au dysfonctionnement du diaphragme pelvien et à la perturbation des appuis (genou, cheville, pied).

 

L’OMO-HYOÏDIEN

 

Insertions : de l’omoplate à l’os hyoïde.
Fonctions : selon Philippe Campignion (méthode chaînes musculaires, Godelieve Denys-Struyf) son rôle est de garder le pharynx indépendant de la colonne cervicale pour rendre possible entre autres la déglutition. Il participe à l’abaissement de l’os hyoïde. Son excès de tension influera sur la liberté du diaphragme pharyngé et crânien, donc sur la gestion des émotions (plexus stellaire), la déglutition, la phonation, la digestion et sur les sens extéroceptifs.

 


LE SYSTEME NERVEUX


Le système nerveux comprend :
            le système nerveux central
            le système nerveux autonome

Le système nerveux central (SNC), ou volontaire, englobe le cerveau et le système nerveux de relation qui exécute ses ordres.
Il commande les muscles striés ( ou squelettiques).

Le système nerveux neurovégétatif (SNV) ou autonome (de autonomia = indépendance) est le pilote automatique de nos fonctions internes, chargé de l’innervation de nos viscères, des muscles lisses.
Il réagit au quart de tour aux événements, aux émotions, aux agressions ...
Il contrôle les rythmes corporels, cardiaques et respiratoires ainsi que le fonctionnement optimal de tous nos organes selon les besoins (ouverture et fermeture des sphincters, péristaltisme ...).
Il s’organise autour de deux systèmes opposés et complémentaires :
    •    le système orthosympathique : accélérateur, tourné vers l’action,
    •    le système parasympathique : décélérateur et ralentisseur, chargé de la mise au repos.

Remarque : une hyperexcitabilité de l’orthosympathique (excès de stress en phase d'alarme) crée la sympathicotonie  (exemples de symptômes : assèchement de l’oeil, des sinus et de la bouche, dilatation des pupilles, augmentation de la fréquence cardiaque, constriction de l’ensemble des vaisseaux artériels, activation de la transpiration, perturbation des fonctions digestives et d’élimination).


LES PLEXUS

Les nerfs ortho et parasympathiques se réunissent dans les plexus, véritables carrefours de distribution.

• le plexus crânien contient l’hypophyse, glande maîtresse des hormones (surrénales, pancréas, thyroïde et gonades), l’hypothalamus, régulateur du sommeil et des comportements et le thalamus qui contrôle l’activité des deux autres.
• le plexus stellaire ou thyroïdien gére les variations d’humeur, les émotions...
• le plexus cardiaque innerve la tête, le cou et les viscères du thorax.
• le plexus coeliaque (ou plexus solaire) innerve les vaisseaux profonds des membres inférieurs et les viscères de la cavité abdominale.
• le plexus hypogastrique ou lombaire innerve le rectum, la vessie, les organes génitaux internes.
• le plexus honteux ou pelvien innerve le périnée et les organes génitaux externes.

 

 

 

(…) l'expiration profonde produit spontanément une attitude d'abandon. La rétention du souffle expiratoire est souvent liée à la période infantile au moment où ce blocage respiratoire constitue la découverte d'une maîtrise nouvelle : attitude que l'enfant peut prendre pour répondre à certaines formules éducatives telles que un grand garçon ne pleure pas, tu ne dois pas montrer que tu as peur…
Au début, l'inhibition sert à tempérer les excitations agréables de nature végétative ; mais à la longue, cette inhibition provoque une sensibilité accrue à l'anxiété et augmente l'excitabilité réflexe. Elle entraîne finalement une impossibilité chronique à se détendre. En résumé, l'inhibition névrotique de la respiration est une partie centrale du mécanisme des névroses.

B. Dolto, Le corps entre les mains, p. 68, 1976

 

 

TECHNIQUES D'ACCORDAGE

 

Il s’agit de chercher - autant que possible - sans perfectionnisme (attention à l’hyper contrôle - à l’obsession) à ACCORDER (comme on le fait pour un instrument de musique pour qu’il sonne, vibre plus juste...) :

  • la structure (le corps) à la fonction (la vie)

  • la forme à l’état 

  • l’humeur aux humeurs

  • le système nerveux volontaire et le système nerveux autonome (neuro-végétatif)

et ainsi s’occuper de l’ HOMEOSTASIE. L’homéostasie se définit comme la capacité de l’être vivant à maintenir un état de stabilité relative des différentes composantes de...

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(...), mais en réalité, le corps change de forme à tout instant, ou plutôt, il n'y a pas de forme puisque la forme est de l'immobilité et que la réalité est mouvement.

H. Bergson, 1940, L'évolution créatrice.

 

 

LA COHERENCE CARDIAQUE (Thierry Thomas)

 

" La cohérence cardiaque est un terme utilisé par les scientifiques pour décrire un stade physiologique particulier dans lequel les systèmes - nerveux, cardio-vasculaire, hormonal et immunitaire - travaillent de manière efficiente et harmonieuse. Ce résultat physiologique est provoqué par la mise en oeuvre d’une simple technique de respiration. Une pratique qui, en équilibrant le système nerveux autonome*, induit très rapidement, mais de manière temporaire, un état de bien-être naturel.

 

Après un bref apprentissage, une pratique régulière (3 à 5 minutes, 3 fois par jour) permet à chacun de parvenir à une meilleure gestion du stress, à une plus grande adaptation à son environnement. En clair, elle facilite un retour à un équilibre à la fois physiologique et psychologique. C’est de cette dualité ...

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■  EXERCICES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Tous les exercices...]

 

 

BERTRAND CAROFF

Pour une anatomie du lien